Thomas Senf
 

Compte rendu de la séance photo


L’arrivée
Zuoz, Grisons/Engadin, Suisse, le samedi 20 mars 2010, 7 h 30, heure locale. Un silence inquiétant règne au-dessus du village, occasionnellement interrompu par quelques individus louvoyant dans les rues hantées. On perçoit au loin comme une rumeur indistincte. Des tracteurs ? Ou bien une avalanche ? La rumeur gronde de plus en plus fort. Les stalactites formées sur les gouttières commencent à émettre un cliquetis. Au sol, on sent des vibrations, tandis que des oiseaux effrayés quittent précipitamment leur tanière pour s’élancer dans les airs.
Mais enfin... que se passe-t-il ? Voilà que les premiers participants parviennent aux frontières de la ville. Déferlant soudain, la troupe de Mammut envahit les rues pour rejoindre son point de rencontre annuel, une nouvelle fois mis en place par les leaders du groupe. Tandis que le flux d’arrivants persiste, les premiers participants s’organisent déjà pour obtenir leur équipement de ski. On retrouve là quelques amis rencontrés lors de précédentes escapades dans le Sud, et parfois venus de loin : Finlandais, Croates, Italiens, Tyroliens, Liechtensteinois... Les nouveaux venus sont eux aussi accueillis chaleureusement et tous les regards de tous pétillent d’impatience, d’enthousiasme et de joie.

Après un accueil par l’équipe de Mammut et la communication des premières informations sur le Test Event, la vitesse devient le centre d’intérêt principal. « Pure Ascent » ! Tel est le mot d’ordre de la nouvelle gamme Mammut. Une distinction est décernée à la participante qui s’est inscrite le plus rapidement à ce Test Event. Sans plus tarder, on passe ensuite à l’équipement des participants. Sous les combinaisons, il est nécessaire d’avoir des sous-vêtements adéquats. C’est pourquoi, chaque testeur a reçu un lot de sous-vêtements alpins, ainsi qu’un pantalon Mammut Pulse flambant neuf.


L’ascension
Après une petite collation, nous nous sommes immédiatement mis en route. L’équipement a été rangé et un groupe de cars a pris la direction du col du Julier. Une fois tous les participants descendus et organisés, la superbe vision de cimes enneigées et de 150 personnes vêtues du noir et du rouge caractéristiques de Mammut s’offrait aux yeux. Le départ a été donné par petits groupes et la première étape franchie par les caravanes bariolées. La première montée s’est tout de suite avéré très difficile : il s’agissait d’une déclivité importante à aborder sur une courte distance. Chaque mètre franchi avec succès augmentait d’autant la fréquence cardiaque. La descente qui suivait a mis là encore rapidement l’équilibre des participants à rude épreuve. Le périple se poursuivait sur le même rythme. Tout à coup, voici que le brouillard a décidé d’être de la partie ! Peu à peu, les groupes de tête se sont effacés, comme happés par d’épaisses nuées. La visibilité se réduisait peu à peu, jusqu’à l’arrivée sur le lieu de la séance photo. Grâce aux cris de ralliement des groupes de tête, les autres participants sont parvenus à rejoindre rapidement le lieu de rassemblement. Pour éviter de nous faire attaquer par la brise glacée, nous avons sorti des pelles en hâte afin de creuser la neige de toutes nos forces. En peu de temps, les premières têtes avaient disparu sous la surface de la neige et on ne voyait plus que des pelletées blanches jaillir hors des trous. Ainsi protégés, la situation nous a paru plus supportable et c’était une joie d’observer les participants bondir hors de leur trou comme des marmottes des neiges.


La séance photo
Les conditions ne se présentaient pas au mieux. Avec une visibilité réduite au minimum, il semblait impossible de réunir 140 participants sur une seule image. Mais alors que la séance photo était sur le point d’être abandonnée, la vue a commencé à s’éclaircir. Inutile de demander aux participants s’ils voulaient que le tournage ait lieu ou non, la réponse était claire et unanime ! Dans la clameur approbatrice, il a donc été décidé de continuer.

Dès lors, un seul mot d’ordre : faire vite. Pendant les 45 minutes qui ont suivi, Röbi Bösch a mêlé sa voix au chuintement lancinant du mégaphone pour mettre en place les 140 participants. Dans cette ambiance de blizzard, les combinaisons et coupe-vent se sont montrés particulièrement efficaces et les participants ont ainsi été bien protégés.
Le groupe s’est positionné en formant une flèche humaine dirigée vers le sommet, donnant ainsi le visuel clé de la prochaine campagne automne/hiver. Tous les participants, et en particulier Roebi Boesch, se sont déclarés heureux de réussir une si belle photo, après avoir déployé tant d’efforts et surmonté tant de contraintes.


La soirée

Depuis Zuoz, nous avons rejoint la montagne en télésiège. Chacun attendait avec impatience de découvrir cette destination inconnue, entraperçue derrière le sommet grâce à un éclairage délicat. Notre attention a alors été attirée vers le camp, où se dressaient des tentes spacieuses et de nombreux feux de camp, léchant la neige de leur lumière diffuse. La station de télésiège se trouvait à deux pas de la tente du bar, où étaient distribuées des boissons chaudes. Le bar avait été décoré de reliques datant de la dernière ère glaciaire. Deux mammouths en peluche avait été découverts dans un glacier durant les activités de recherche et transportés dans un bloc de glace, spécialement pour le Test Event Pure Ascent ! Après un moment de détente, les participants ont été invités à prendre place pour le dîner. Le chef Winni avait une nouvelle fois réalisé des mets exquis. Avec un grill de quelque 15 mètres de long, le feu est devenu le centre de la soirée. La cuisson des brochettes et autres raclettes a donné lieu à des discussions animées sur les meilleures techniques en la matière.

Une fois les estomacs rassasiés, Christian Stangl a débuté la présentation de son projet de skyrunning. Malgré la présente de Christian Stangl et les projections d’images contribuant à concrétiser l’ensemble, l’imagination des participants a été poussée plusieurs fois dans ses retranchements. La légèreté avec laquelle il a décrit ses ascensions d’une journée a captivé l’auditoire et produit une fascination presque tangible. Bien qu’étant l’auteur de performances extraordinaires, Christian Stangl a rappelé ses débuts d’ingénieur électricien, au temps où l’escalade n’était qu’un passe-temps pour lui. Ses échecs font également partie de ses succès. Il a souligné à maintes reprises qu’un abandon pour des raisons de sécurité signifiait seulement le début d’une nouvelle tentative, et que santé et sécurité primaient toujours sur l’ascension d’un sommet.

Pour finir, le dernier participant à être descendu du bus après la séance photo s’est vu décerner un bonnet de nuit d’or, récompense qu’il a bien entendu accueillie avec joie.

C’est une magnifique journée à laquelle il a fallu se résoudre à mettre un terme.

Auteur
Simon Hagel, alias « spoonwing », participant au Test Event